Mahabharata, une histoire de la violence ; adaptation et mise en scène de Pauline Bayle Pauline BAYLE

Théâtre de Montreuil -vendredi 2 octobre 2026

« Épopée indienne dont la création remonte aux origines de notre humanité, Le Mahabharata nous entraîne dans un tourbillon ébouriffant. D’une richesse inouïe, ce texte fondateur entremêle les registres et les genres, et nourrit une foi absolue dans la puissance de l’imaginaire.

Entourée d’une distribution exclusivement féminine, Pauline Bayle plonge dans cette histoire plus grande que nous pour en offrir une adaptation contemporaine et nous raconter comment la haine entre deux clans entraînera le monde dans une guerre aussi inévitable qu’absolue.

Au fil du spectacle se dessine ainsi une réflexion puissante sur les voies de l’action humaine, depuis les raisons qui nous poussent à agir jusqu’aux conséquences de nos actes, notamment lorsque nous choisissons de recourir à la force. À l’aune des enjeux actuels qui traversent notre société, cette épopée se déploie avec une bouleversante modernité. »

18è biennale d’Art contemporain de Lyon « Passer d’un rêve à l’autre »

Journée d’étude -mardi 22 septembre 2026

https://www.labiennaledelyon.com

Directrice artistique : Isabelle Bertolotti
Curatrice invitée : Catherine Nichols

« Passer d’un rêve à l’autre / To pass from one dream to another », titre principal de la 18e édition de la Biennale d’art contemporain, s’inspire des traboules — ces passages singuliers qui traversent cours et immeubles lyonnais — pour interroger la manière dont on passe d’une perception à une autre, d’un rêve collectif à un autre. Lyon, ville carrefour du commerce et de l’industrie, devient le point de départ d’une réflexion sur l’économie, ici entendue comme l’ensemble des processus par lesquels des êtres interdépendants acquièrent, transforment et font circuler ce qui soutient leurs existences.

S’appuyant sur les écrits de Walter Benjamin et les Principes d’économie poétique de Robert Filliou, Catherine Nichols conçoit un projet situé entre critique et invention. Là où Benjamin montre comment le capitalisme produit un rêve collectif dont il s’agit d’interrompre la continuité, Filliou propose d’expérimenter d’autres formes d’économie à travers des pratiques artistiques et sociales. La Biennale de Lyon s’attache ainsi à ces moments où l’évidence du présent se fragilise et où d’autres imaginaires deviennent possibles.

Déployé sur plusieurs sites emblématiques de Lyon, le parcours articule des dimensions entrelacées : l’industriel aux Grandes Locos, le relationnel au Musée des Tissus et des Arts décoratifs, et l’existentiel au macLYON. L’économie y est envisagée au-delà de sa dimension monétaire : elle inclut les formes d’attention, de soin, de relation et d’imagination qui structurent la vie collective.

Conçue comme un passage, la Biennale invite à parcourir la ville autrement et à expérimenter d’autres manières de faire et de penser l’économie.

https://www.labiennaledelyon.com/18e-biennale-de-lyon-art-contemporain/le-projet-artistique-2026

par Catherine Nichols

(…) Passer d’un rêve à l’autre, titre principal de cette édition, s’inspire du Passagen-Werk (Le Livre des passages, 1927–1940) du philosophe et théoricien culturel allemand Walter Benjamin. Dans ce vaste fragment, un « théâtre de toutes [ses] luttes et de toutes [ses] idées »¹, Benjamin interroge la manière dont les environnements urbains — et en particulier les arcades parisiennes — façonnent les rêves collectifs et les expériences de la société. Il aborde les arcades comme des espaces-seuil où le monde-rêve de la modernité devient lisible. Dans ces passages, où persistent les traces de vies passées, de mouvements oubliés et de travaux invisibles, l’histoire ne se déroule pas comme un processus continu mais apparaît dans des moments d’arrêt — de brèves constellations dans lesquelles ces structures profondes se révèlent soudainement. « Chaque époque, » écrit-il, « rêve non seulement la suivante, mais en rêvant, précipite son propre éveil»².

C’est une quête également inspirée par un moment en 1976 : l’économiste et artiste français Fluxus Robert Filliou s’entretient avec la critique d’art allemande Irmeline Lebeer sur les origines de ses Principes d’économie poétique. Son « traité » économique, raconte Filliou à Lebeer, est né de ses expériences artistiques des années 1960, qui cherchaient à provoquer une transformation sociale par le biais de stratégies artistiques. Durant cette période, il en était venu à la conclusion qu’une révolution dans les structures économiques devait précéder tout changement social profond et durable. Il estimait que si les réalités matérielles demeuraient inchangées, si les problèmes systémiques restaient intacts — crises énergétiques, capitalisme extractif, inégalités de distribution, mesures d’austérité et inégalités salariales — toute avancée sociale en matière de droits, de représentation ou de justice ne serait que superficielle et éphémère. Les affaires continueraient, tout simplement, comme avant³. (…)

Le MacLYON

Rencontre avec Hélène SINGER

Workshop performance-voix -vendredis 25.09. 26 et 2.10.26

https://helenesinger.fr

DÉMARCHE

Dans un travail pluridisciplinaire qui allie la performance, la photographie et l’installation sonore, Hélène Singer engage une réflexion sur la « mise en visibilité » par l’image et la voix d’un invisible, et explore l’animalité et le corps en action.
Marquée par sa formation en chant lyrique, elle s’est d’abord intéressée à l’expression vocale d’un corps invisible, pulsionnel, dans l’action performative. Parallèlement, elle a développé un travail photographique sur la nature morte contemporaine alliant animaux morts, vivants et matières organiques. Cette volonté de rendre manifestes des zones invisibles rattachées à l’animalité, se retrouve dans ses installations imposantes construites en matières naturelles.
Actuellement, elle traite de cette manifestation de l’invisible dans un travail complexe et protéiforme autour du thème du cosmos, qu’elle relie toujours à l’animalité mais aussi à la mythologie. Loin d’un travail documentaire ou d’un témoignage du quotidien, l’artiste mêle fiction et réel, imaginaire et contexte politique, territoire fantasmé et vécu, pour parler de perception, de représentation de ce qui échappe en définitif et qui pourtant nous constitue et nous anime.
Ses performances prennent de plus en plus la forme de concerts éphémères et hybrides, où le spectateur est immergé dans un hors-temps singulier visuel et sonore. Entre monde burlesque et charge émotionnelle, elle crée une interaction entre sa voix, son action et une vidéoprojection, dans un procédé de mise en écho de références littéraires, sociales et musicales. Les éléments qu’elle crée pour ses performances se transforment ensuite en installations, objets et vidéos, intégrés en tant que tels dans l’exposition.
Hélène Singer cherche ainsi à offrir, à travers des expressions visuelles, vocales et images mentales, un hors-champ (et hors-chant) du monde visible ; un débordement fantasmé du principe de réalité.

Rencontre avec Nicolas FRIZE

Workshop art sonore « Rebonds intimes » -lundi 21 septembre 2026, … sur un semestre

http://www.nicolasfrize.com/

Chercheur, musicien et compositeur, Nicolas Frize écoute les bruits du monde. Depuis plus de quarante ans, il ausculte les lieux de vie et les espaces publics tout en explorant les potentialités sonores des objets.

Il fait partie de ceux que l’impact du passage d’un train sous un petit pont dans un coin de campagne bouleverse délicieusement et que le froissement de boules de coton dans la main, le frottement du plastique sur la peau ou les débris d’un verre en cristal intéressent au plus haut point. Il met en scène des concerts dans des lieux improbables et y orchestre les déplacements du public pour multiplier les expériences d’écoute.

Nicolas Frize intervient dans des hôpitaux, des bureaux, des usines, en général dans le cadre de commandes publiques, de plus en plus souvent en résidence, ou de collaborations artistiques, par exemple avec l’agence Renzo Piano Building Workshop. A aussi participé à des programmes de recherche du ministère de l’Environnement et travaillé pour des municipalités comme Saint-Denis à établir des audits sonores du contexte urbain qui ont abouti à des propositions sociales.

Exposition « Normes Corps » -Palais de Tokyo

ACCUEIL de la classe CPES-CAAP G. EIFFEL -mercredi 3 septembre 2026

Curateur : Guillaume Désanges, assisté de Léna Kemiche

Dans un prolongement du travail que mène le Palais de Tokyo autour de l’inclusion, de la santé mentale et globalement de la reconnaissance des différences comme enrichissement, cette saison interroge positivement les notions de vulnérabilité, de fragilité, de handicap et d’écarts par rapport aux normes pour proposer des expériences artistiques qui bouleversent les idées reçues.

Benoît Piéron & Clap clap nail club

Plus précisément, c’est la notion de validisme qui est ici à l’œuvre : ce système qui établit, par des critères physiques et psychologiques une hiérarchie entre les corps, entre ceux dits « normaux » et ceux jugés « anormaux ». C’est dans la contestation de tels standards que réside la puissance subversive du handicap : un espace qui interroge les fondements d’une société cristallisée dans un idéal de performance, de vitesse, d’autonomie, de productivité immédiate et de dépassement de soi – et qui, à l’inverse, revendique la différence, la dysfonction, l’interdépendance, l’attention et l’esquive. Dans l’art, ces considérations dessinent une esthétique qui élargit les cadres de la représentation et échappe aux carcans de la beauté ou du goût.

Les étudiant.e.s de la CPES-CAAP Eiffel 2026-27 accompagnée de notre médiatrice du Palais de Tokyo

……………………

Vernis à Ombres –Benoît PIÉRON

« J’existe dans un état vaporeux. Je suis vraiment des paillettes en suspension. » C’est depuis ce sentiment de flottement que Benoît Piéron imagine Vernis à ombres. Partant de son expérience de l’hôpital et d’une cohabitation avec la maladie, l’artiste française crée des représentations autres des espaces, des corps et des affects qui y sont liés. Salles d’attente et laveries hallucinatoires, gyrophares tamisés en veilleuses, spectacles de lumières stroboscopiques filtrant sous une porte d’hôpital : il dilate des lieux familiers par une pratique du détournement où se mêlent sculpture, installation, et gestes issus des loisirs créatifs et de la culture DIY (do it yourself).

Les Ambassadeurs –JESSE DARLING

Par des gestes à la fois simples, minimaux et spectaculaires, les sculptures et installations de Jesse Darling (lauréat du Turner Prize en 2023) révèlent les récits clandestins qui hantent les objets, matières, formes qui peuplent nos vies quotidiennes. Travaillant en priorité avec des matériaux industriels, des objets usagés ou des rebuts prélevés autour des lieux où il expose, il les assemble en compositions insolites, reliques hybrides ou paysages fantastiques, en accentuant les marques du temps sur leur état physique, entre épuisement et dégradation, comme pour en souligner la fragilité et la précarité.

STUDIO, WOUNDS AND BATTLES, DESIRE IS THE REITERATION OF HOPE –Cathy de MONCHAUX

Première rétrospective de Cathy de Monchaux, figure majeure de la scène artistique britannique à travers un ensemble d’une cinquantaine d’œuvres datant de 1984 à aujourd’hui. L’exposition nous tiraille entre désirs et dangers épidermiques, réunissant des dessins techniques, des archives d’œuvres détruites, des sculptures et installations.

Son travail plus récent surgit en bas-relief comme un imaginaire en contre-jour, figé entre l’urgence de l’éblouissement et la panique envahissante dans un univers fractal : les lianes sont des racines qui sont des corps qui sont des âmes qui sont des luttes qui pourraient aussi être des empreintes à panser. Composées comme des peintures de batailles, il y est question aussi de profondeur et de nouvelles perspectives, en creux.

On y retrouve des armées de licornes qui renvoient très directement à l’œuvre la plus ancienne de l’artiste, toujours présente dans son atelier comme un totem protecteur, qu’elle avait réalisé alors étudiante. Un squelette comme une armature, en souvenir traumatique d’un accident de voiture où l’artiste a failli mourir, suivi d’un accident de son cheval. On pourrait penser qu’à cet instant précis s’est dessiné son imaginaire blessé, où toujours des structures soutiennent autant qu’elles attachent, oppressent.

Pauline CURNIER JARDIN & Feel Good Cooperative, Le Colonne della Colombo, 2023, photographie. Performance commissionnée par LOCALES dans le cadre d’If Body 2023 (Rome)

Intitulée « Virages Vierges », l’exposition personnelle de Pauline Curnier Jardin prend pour point de départ la notion de déviation, voire de déviance : le virage comme sortie de la ligne droite, abandon de la trajectoire stable au profit de l’incertitude et des chemins de traverse. À l’image de ses narrations fragmentées, l’œuvre de l’artiste se construit dans des zones de trouble où fiction, rituel et documentaire s’entrelacent sans hiérarchie.

19è édition de DRAWING NOW

Carreau du Temple – 26 au 29 mars 2026

Vue du stand C7, Drawing Now 2026

Gerald PANIGHI, A contre-poil, 2026, Galerie Eva Vautier

Maxime PARODI, Autofiction XXXVII v2, crayons sur papier, 29,7 x 42 cm, Galerie Eva Vautier

Caroline RIVALAN, Regard intérieur avec un esprit _3, 2026, collage rehaussé, 30 x 40 cm, Galerie Eva Vautier

6è édition de CRUSH au BA de Paris

du 13 au 21 Février 2026

Crush est l’occasion de révéler les créations en cours des jeunes artistes de l’École auprès des professionnels de l’art, commissaires d’exposition, critiques d’art, galeristes, directeurs et directrices de centres d’arts, de musées, etc.
 

Pour cette nouvelle édition, 98 étudiantes et étudiants de 4e et 5e année aux Beaux-Arts de Paris présentent leurs travaux dans la cour vitrée. Toutes les pratiques artistiques sont représentées : peinture, dessin et sculpture mais aussi performance, vidéo ou encore photographie.

Pour cet accrochage, ils ont bénéficié de l’accompagnement de trois commissaires : Oulimata GUEYE, critique d’art et commissaire d’exposition, Ingrid LUQUET-GAD, critique d’art, chercheuse et enseignante, et Clément RAVEU, critique d’art, curateur et auteur. À cette occasion, une nouvelle configuration de la scénographie modulaire conçue par l’artiste et designer Olivier VADROT a été imaginée par le service des expositions.

Pour clôturer cette édition, une journée de performances est organisée samedi 21 février de 13h à 19h.


En présence de Léna SIMON en 5è année des BA de PARIS, ancienne étudiante de la CPES-CAAP G. EIFFEL -PROMO 2019-20

Carnet présenté sur écran, 2026